satori kajiya

Pour la réalisation de ces couteaux, je favorise au maximum les méthodes de travail ancienne. Tout simplement parce que ces méthodes, utilisées pendant des siècles, sont celles qui font le plus de sens à mes yeux.

Par la création d’outils, mon atelier et mes explorations, j’essaie de me rapprocher un peu plus chaque jour de la forge traditionnelle japonaise d’autrefois.

Merci à tous ceux qui m’inspirent et me font progresser sur la voie de l’acier. Et que les Dieux du Feu me préservent du Melon ! Huusss

COUTEAU JAPONAIS ARTISANAL

Pourquoi ce site sur le Couteau Japonais Artisanal est Différent?

Pour les passionnés, il est difficile de trouver un site sur les Couteaux Japonais authentique qui ne soit pas juste un e-commerce revendeur.

Ici, je vous invite dans mon atelier et vous partage mon travail, mon approche, mon évolution et mes recherches sur la forge japonaise millénaire.

Couteau-japonais-artisanal.com, c’est le site sur lequel j’aurais aimé tomber quand j’ai commencé ma quête des lames japonaises.

Vous y trouverez principalement deux choses :

  • De l’information qualitative basée sur des heures de recherches pour mieux comprendre les couteaux et sabres japonais.
  • Mon travail à l’atelier Satori Kajiya

Que vous soyez passionnés de lame japonaise, professionnel de cuisine, pratiquant d’arts martiaux, curieux de passage ou collectionneur, soyez toutes et tous les bienvenus sur cet espace.



Qui suis-je ?

Dans une forêt, j’ai fait mon premier atelier clandestin et j’ai commencé le travail du métal en partant de rien. Avec une idée en tête : forger un sabre Katana. Mais pas n’importe lequel. Celui d’une vie.

Une nécessité est apparue : prendre le temps.

Depuis je ne cesse de pratiquer.

Le Katana représente pour moi l’expression la plus pure du passage de l’homme sur terre.

Ma démarche :

Pour approcher cet objet sacré, un seul chemin : la redécouverte des techniques de forge les plus traditionnelles, anciennes, et malheureusement perdues avec l’industrialisation.

Pour suivre l’évolution du matériel et des techniques que j’emploie, rendez-vous sur la page Satori Kajiya.

Je vous souhaite que la magie de l’acier et sa beauté vous touche comme il m’a touché.

Elie Eveno

Les Différents Couteaux de Cuisine Japonais :

Pourquoi J’ai d’abord choisi de Forger des Couteaux Japonais ?

(et non pas du sabre directement)

Avant de forger des sabres longs, je dois étudier, et pratiquer.

Certains forgerons ont la croyance qu’il vaut mieux attendre d’atteindre une certaine forme de maturité et de sagesse avant de forger un sabre ou une épée longue. Bien que je sache au fond de moi que je me lancerai dans ce projet bien avant d’avoir atteint quelques formes de sagesse, je vais au moins faire semblant de prendre mon temps.

J’ai donc choisi de commencer à forger du Couteau Japonais dans un premier temps.

Cela représente un excellent terrain de jeu pour la répétition des gestes, reconstitution des équipements et exploration de la forge traditionnelle. Le second temps sera dédié au Tanto japonais. Le troisième au sabre long. Et si la vie est généreuse, j’aurai peut-être le temps d’explorer les lames Celtes.

Voici les 3 domaines de pratique :

  • La forge : les forgerons d’autrefois savaient forger parfaitement à la côte afin que seulement quelques coups de lime suffisent à la mise en forme. Savoir forger à la côte sans utiliser de machine pour meuler respecte et améliore considérablement la structure de la lame.
  • Le polissage : le polisseur acquiert les secrets du polissage de lame au fil des heures avec patience et amour
  • La métallurgie : être capable de réaliser de l’acier artisanal de bas-foyer est la Clef essentielle de la forge traditionnelle.

Forger un objet est accessible à tous, mais la magie de la forge ne se révèle qu’au fil de l’existence de l’artisan.

Patience


Comment est Fabriqué un Couteau Japonais Artisanal ?

On a facilement tendance à s’imaginer qu’il faut beaucoup d’équipement pour forger un couteau. Ce n’est pas le cas.

En revanche, il faut beaucoup d’autres choses.

Pendant des millénaires, pas seulement le Japon, mais de nombreux peuples du monde ont créé des couteaux, sabres, épées et outils avec finalement pas grande chose en terme d’équipement.

L’industrialisation et la fabrication d’acier de haut fourneaux, a permis une augmentation gigantesque de la production, mais cela a détriment de qualité tant utilitaire qu’esthétique.

Les forgerons d’autrefois avaient atteint un tel niveau d’excellence que même nos excellents alliages d’aciers modernes obtenus en usines peinent à rivaliser avec ces vieux savoirs.

En revanche, la forge traditionnelle demande beaucoup de denrées assez rares à notre époque : du temps, du savoir ancien et le sens du sacré.

Voici les étapes de fabrications idéales pour un couteau japonais ou un sabre :

  • Collecte du minerai de fer dans la nature
  • Grillage du minerai
  • Traitement du minerai : concassage et mise en forme de galette
  • Réduction de l’acier dans un bas-foyer
  • Battage et repliage de l’acier pour le purifier et former des lingots
  • Assemblage de différents morceaux en fonction de la dureté pour former le barreau final prêt à être forgé

  • Sélection du ou des aciers (possibilités d’allier des aciers doux et des aciers durs)
  • Forge de la préforme de la lame à la forge à charbon et à l’eau
  • Recuit (chauffe puis refroidissement lent de la lame pendant plusieurs heures dans du son de riz)
  • Mise en forme des lignes et de la géométrie de la lame à la lime et au sen
  • Pose d’un enduit composé d’argile, de charbon et de silice pour une trempe sélective
  • Trempe de la lame à l’eau pour un tranchant dur et faire ressortir la ligne de trempe du hamon
  • Revenu au feu (chauffe légère de la lame pour adoucir sa dureté)

Le polissage de la lame permet de révéler le travail du forgeron et l’âme de la lame. Il peut être relativement succins pour un couteau de cuisine ou une lame utilitaire. Mais il peut aussi être très poussé pour une lame d’exception et demande alors beaucoup d’expérience et jusqu’à plusieurs semaines de travail pour une seule lame.

Les étapes de ces deux phases de travail seraient bien trop longues à décrire ici. Je vous laisse le soin de consulter mes articles sur le sujet si cela vous intéresse.


Quelques Points à Savoir sur les Couteaux Japonais Artisanaux

Une lame japonaise artisanale est à considérer comme un objet vivant. Cela induit quelques soins, que l’objet nous rend au centuple en nous apportant une grande satisfaction.

Les couteaux japonais sont conçus pour obtenir le meilleur tranchant possible. Pour cela, nous forgerons, sommes obligés de faire en sorte que la lame soit très dure.

L’enjeu étant que dureté rime avec fragilité, notamment au niveau du tranchant qui est la partie la plus dure et la plus fine.

Nous utilisons des techniques qui permettent d’obtenir des tranchants très durs tout en préservant une certaine souplesse de la lame.

Cependant, il reste quelques précautions à prendre  : ne pas couper d’aliment trop dur. Ne pas faire tomber la lame.

Un autre point :

L’acier utilisé dans la forge traditionnelle est un acier carbone qui est fait seulement de fer et de carbone. Il ne contient donc pas de chrome (présent dans l’inox).

Il faut toujours bien sécher la lame après son utilisation pour éviter l’apparition de rouille. Vous verrez aussi avec le temps une patine se former naturellement sur le couteau. Celle-ci protège la lame. Comme dit un polisseur renommé : c’est ici tout le charme d’un couteau japonais.

Un peu comme le pratiquant de thé prend soin de ces théières et autres ustensiles à thé, le propriétaire averti chéris sa lame et noue un lien avec elle. Au point qu’elle devient parfois son reflet…

Ces précautions peuvent paraître contraignantes au début. Mais l’objet nous le rend tellement en termes de sensation, d’efficacité de coupe, et de facilité d’affutage qu’en prendre soin devient un réel plaisir.

Quelle est la Différence entre un Couteau Japonais Artisanal et un Couteau de Grande Marque ?

Couteau Artisanal VS Couteau Industriel

Un couteau japonais artisanal n’a pas grand-chose à voir avec un couteau industriel, même de grande marque.

Le couteau industriel a l’avantage d’être plus abordable. Et de demander moins d’entretien. Bien qu’il soit plus contraignant à affuter, cela en fait un outil pratique et efficace.

Pour ce qui est de la sensation de coupe, du toucher, de l’esthétique, de la vibration, de l’émotion qu’il peut susciter… l’industrie n’égalera jamais un couteau artisanal de qualité.

Enfaite, le point à prendre en compte ici pour bien saisir la question, c’est qu’un couteau japonais artisanal n’est pas seulement un couteau :

C’est à la fois un objet d’art et un objet d’utilité du quotidien : un objet d’artisanat.

Pourquoi Choisir un Couteau Japonais Artisanal ?

Durabilité

Un couteau japonais artisanal est fait pour durer. Il se transmet à la génération suivante. Ce n’est pas comme ces objets qui s’achètent et se jettent.
Par ailleurs, la forge au charbon de bois est écologique. Et si le forgeron fabrique son acier artisanalement avec du minerai local, alors c’est un modèle de durabilité millénaire.

Structure

En forgeant à la main avec des aciers adaptés le forgeron déplace et organise la structure moléculaire de la lame. Par ce procédé, les qualités mécaniques de la lame sont directement impactées.

• Esthétique 

Une lame artisanale a une âme. Elle nait des mains de l’artisan qui avec amour et rigueur, marque de son empreinte chacune de ses créations.

Au Japon, le concept esthétique de Wabi-Sabi nous parle de la perfection qui se trouve dans les choses imparfaites. Une lame réalisée par l’homme ne sera jamais parfaite au micron près, et ne sera jamais identique à une autre.

Cette parfaite imperfection transmise par son auteur est ce qui fait justement sa beauté.

Vibration :

Tenir entre ses doigts ou même apprécier une lame artisanale digne d’une œuvre d’art suffit à faire ressentir la vibration qui s’en dégage. Quelque chose au-delà de ce qui se perçoit avec les yeux. Au-delà de l’analyse technique.

L’artisan transmet à la lame quelque chose de lui-même. Car la métallurgie et la forge sont avant tout une histoire d’agencement et de changement moléculaire : d’alchimie.

Ensuite, le propriétaire de la lame la marque à son tour par sa vibration. Les Japonais, considérant leur environnement vivant, aiment chérir certains objets. Ils ont la croyance que l’usage et le soin apporté à ces objets sur les années les dotent d’une énergie particulière.

Au fil du temps, des utilisations, et de la prise de soin de l’objet, se créer un lien, une résonance discrète entre l’utilisateur et l’objet dont seule les concernés ont le secret.