enclume de forge

Quand on projette d’acquérir son premier couteau japonais ou bien un énième, une question se pose : de quel type de travail de fabrication va être issus notre lame : plutôt un travail de forge ou bien de stock removal ? Pour simplifier, on peut principalement nommer deux méthodes de travail :

Le Stock Removal

Qu’est-ce qu’un couteau façonné en Stock Removal ?

Le stock removal consiste à travailler seulement par enlèvement de matière. Autrement dit, il n’y a pas de travail de forge. L’artisan découpe et meule directement une pièce de métal pour lui donner la forme souhaitée. Il réalise ensuite des traitements thermiques.

On qualifie cette approche de moderne. Elle est également adaptée aux aciers modernes avec des alliages complexes.

Les Couteaux Japonais Forgés

Le travail de forge

Cette seconde approche de travail de forge consiste à façonner au feu une pièce de métal pour y donner la forme souhaitée.

Elle s’apparente davantage aux techniques traditionnelles bien qu’elle puisse plus ou moins se rapprocher des méthodes ancestrales.

Pour donner deux exemples bien distincts : certains auront une approche plus moderne avec forgea au gaz et diverses machines tel qu’un marteau-pilon, un four de trempe, un backstand, etc.

Tandis que d’autres privilégions le marteau et l’enclume et des méthodes plus traditionnelles, voire une approche beaucoup plus poussée, dite de forge médiévale ou forge historique.

*Notons que bien souvent, en forge moderne la lame est seulement ébauchée à la forge, autrement dit, elle est forgée grossièrement dans ses grandes lignes, pour être ensuite retravaillée en la meulant au backstand. Là où la forge traditionnelle oblige à forger à la côte (au plus près du résultat final) et à enlever ensuite que très peu de matière pour conserver toutes les qualités obtenue à la forge.

Conclusion

Pour simplifier, il existe au sein du travail de forge divers degrés de  »modernité » et les forgerons à mixer les approches au sein de leur atelier sont nombreux. Les méthodes sont mixte souvent notamment pour une question de gamme.

Il est très compliqué de proposer des lames faites à la main à prix abordables quand on utilise des méthodes anciennes, car chaque détail est travaillé à la main et prend beaucoup de temps.

Forge VS Stock Removal ? Quelle méthode donne le meilleur couteau ?

C’est évidemment difficile pour moi d’être objectif, car j’ai clairement un parti pris sur la question.

Mon avis personnel et subjectif :

Je vois la forge de lame comme une quête, un art, quelque chose de sacré. Ce qui rentre parfois en conflit avec l’utilisation de certaines machines.

Je porte dans mon cœur les méthodes anciennes, minimalistes, qui façonne l’objet au maximum à la main. J’y vois en effet plus de poésie, de richesse culturelle et d’expression de l’artisan.

Personnellement, une lame façonnée entièrement à la main, dont chaque ingrédient a été collecté en nature proche par un artisan dédié à son art, est sans équivalent.

Mais cela reste un avis personnel, et ne veut pas dire que l’approche traditionnelle fournie des lames au-dessus de la forge moderne ou du stock removal.

Ce sont justes des manières de faire des couteaux japonais artisanaux tout à fait différentes qui donnent différents résultats et en cela convienne à des publics différents selon leur goût et attentes.

Quelles sont les Différences Entre les Deux Méthodes ?

Au-delà des aspects conceptuels et du choix de sa paroisse entre  »modernité et tradition » nous pouvons noter une principale différence au niveau du grain de l’acier.

À condition d’utiliser des aciers adaptés, le travail de forge, s’il est bien fait, améliore l’acier et donc les qualités de la lame en améliorant sa structure  :

  • la ductilité
  • le tranchant
  • la longevité

Par exemple, un acier simple et moyennement carboné tel qu’un C60 (acier non allié, seulement fer et 0,6% carbone), s’il est bien travaillé, pourra donner une dureté du fil équivalent à un acier moderne beaucoup plus carboné.

Mais pour cela, il est primordial d’utiliser des aciers se rapprochant le plus des aciers anciens, non-allié et le plus pur possible. L’idéal étant l’acier artisanal de bas foyer.

N’hésitez pas également à consulter notre article l’acier traditionnel japonais Tamahagane.

À la différence, les alliages des aciers modernes servent à pallier ce manque et ajouter de la ductilité à la matière par l’ajout d’autres composés chimiques que le fer et le carbone.

Ces aciers très alliés ne verront par leur qualité améliorée par la forge. Au contraire, s’il la forge n’est pas effectué parfaitement, elle peut même diminuer les qualités d’un acier moderne. D’où le triste (mais compréhensible) phénomène de l’abandon des gestes du forgeron au profit de l’utilisation des machines.

Comment Faire son Choix Entre les Deux Méthodes de Travail ?

Si vous n’êtes pas encore décidé sur le choix de la méthode de travail que vous voulez favoriser pour votre futur couteau japonais artisanal. Prenez votre temps, renseignez-vous tranquillement plus en détails et n’hésitez pas à échanger avec des forgerons.

Pour conclure, voici deux forgerons représentant deux  »écoles » extrêmes :

  • Pierre Nadeau : forgeron canadien ayant suivi le long cursus de forge de sabre au Japon et aujourd’hui mordus de méthodes de forge médiévale.
  • Don Nguyen : fabricant américain de couteau japonais moderne fana de design.

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